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E-commerce : l’illusion environnementale

Repéré le 25 novembre 2019

Les livraisons de colis achetés sur les plateformes comme Amazon se révèlent désastreuses pour l'environnement. Emballages à moitié vides, pollution due aux livraisons express, poids climatique des serveurs...

Et si, en dépit des apparences, les commerces physiques se montraient plus écolos que le e-commerce ? Par Ludovic Aymen de Lageard, créateur et directeur de Connexion d’Art et de Brand building associates.

Toute « virtuelle » qu’elle soit, l’économie numérique est-elle pour autant dépourvue d’impacts environnementaux, bien réels cette fois ? A première vue, les vertus écologiques du e-commerce ne font pas débat : du simple fait qu’un livreur et son seul camion émettent moins de CO2 que plusieurs dizaines de consommateurs au volant de leur véhicule personnel, commander des articles en ligne se révèle, a priori, moins polluant que l’action de se déplacer physiquement en magasin. De plus, le stockage des produits dans des entrepôts ne nécessitant, au contraire des surfaces de vente traditionnelles, ni vitrines illuminées, ni chauffage en hiver, il apparaît incontestablement plus éco-friendly. Enfin, les clients étant souvent rebutés par de fastidieuses procédures de renvois, le e-commerce engendre moins de retours – et donc moins d’émissions de gaz à effet de serre (GES) – que son ancêtre « brick & mortar ».

Des livraisons fortement émettrices de CO2

Du point de vue de la protection de l’environnement, le match e-commerce versus commerce traditionnel semble donc tourner à l’avantage du premier. La tentation est grande, en effet, en laissant libre cours à une certaine paresse intellectuelle, d’assimiler « digital » et « immatériel » ; or rien n’est plus inexact que cette trop évidente équation. Selon une récente étude menée aux Etats-Unis par Axios, les indéniables bénéfices écologiques du e-commerce sont en effet balayés par le développement exponentiel des services de livraison rapide, au premier rang desquels Amazon Prime, du géant éponyme. Les émissions de GES des transporteurs FedEx, UPS et USPS, tous prestataires d’Amazon, auraient ainsi grimpé en flèche au cours des dernières années, équivalant à la pollution générée en un an par quelque 7 millions de voitures.

Des données qui font aussi froid dans le dos qu’elles réchauffent le climat. Et qui ne tiennent pas compte d’autres services fortement émetteurs de GES, parmi lesquels les livraisons directement opérées par Amazon. La multinationale n’a, en effet, de cesse d’accélérer ses propres livraisons, promettant à ses clients la réception de leurs colis en un jour ouvré. Et ses concurrents, comme Walmart, se doivent à leur tour de s’engouffrer dans la brèche pour maintenir leurs parts de marché. Autrement dit, la multiplication des micro-livraisons annihile les avantages climatiques du e-commerce, qui « disparaissent à mesure que la livraison s’accélère », comme le déplore dans l’étude d’Axios le professeur Miguel Jaller, de l’University of California Davis.

L’effarant poids du « vide » des colis

Polluantes, les livraisons liées au e-commerce pâtissent également du désastreux phénomène des colis partiellement vides. Selon une autre étude, réalisée en 2018 par le fabricant de cartons DS Smith, près d’un quart (24%) du volume mobilisé dans le transport par conteneurs serait « sans objet ». Un vide gigantesque, représentant plus de 60 millions de conteneurs ; mais un vide qui « pèse » lourdement sur le climat : l’étude coproduite par DS Smith et Forbes Insight estime ainsi son impact environnemental à 122 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions de GES d’un pays comme la Belgique. Et encore ces chiffres ne s’appliquent-ils pas au e-commerce en lui-même, où la part du vide s’établit, selon une étude distincte menée par DS Smith, à 43%. En d’autres termes, l’équivalent de 2 des 4,6 milliards de colis commandés, chaque année, par les seuls internautes européens, sont remplis… d’air.

Les centres commerciaux, alternatives à un e-commerce polluant ?

Une aberration écologique à laquelle vient, enfin, s’adjoindre l’impact, aussi réel que difficile à quantifier, de la consommation énergétique des innombrables serveurs informatiques nous permettant de naviguer sur le Web – l’Ong Greenpeace estimant les besoins du secteur informatique à 7% de la consommation d’électricité mondiale.

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Lire l'article en entier Source : La Tribune Auteur : Ludovic Aymen de Lageard
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